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InSERRE Arras : retour sur la clôture d’une formation inédite

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InSERRE Arras : retour sur la clôture d’une formation inédite
InSERRE Arras, ensemble du personnel regroupé pour la clôture de la formation. Crédits : Atigip.

Lundi 5 octobre 2026, s’est achevé le cycle de formation de 5 semaines destiné aux équipes d’InSERRE au sein de cet établissement pénitentiaire expérimental. Cette formation a été rendue possible grâce à l’étroite collaboration du service des ressources humaines de l’Atigip, de l’équipe projet de la direction de l’établissement, du SPIP et de l’URFQ.

Un premier bilan très positif pour le projet

Cette session s’est clôturée par des restitutions collectives animées par les agents, suivies, en fin de matinée, des allocutions de Bruno Clément-Petremann, directeur de l’Atigip et de Michel Wicquart, chef d’établissement.  Les deux directeurs ont salué la haute qualité des interventions de chaque groupe, tout en soulignant la pertinence de cette action formative. Elle a permis de créer une cohésion au sein du personnel, de construire une organisation interne et de faire évoluer les perceptions individuelles de chacun à l’égard ce projet inédit. Bruno Clément-Petremann et Michel Wicquart ont adressé leurs remerciements aux agents investis dans la préparation et la mise en œuvre de cette formation tout en saluant la remarquable implication du personnel pénitentiaire formé.

photo de Bruno Clément-Petremann lors d’un discours
InSERRE Arras, prise de parole de Bruno Clément-Petremann. Crédits : Atigip.
photo de Michel Wicquart lors d’un discours
InSERRE Arras, prise de parole de Michel Wicquart. Crédits : Atigip.

Un retour d’expérience encourageant du personnel pénitentiaire

Au terme de plusieurs semaines de travaux collectifs, les agents, ont été conviés à dresser le bilan de la formation et à des perspectives d’ouverture de l’établissement. Cette restitution a ainsi permis à chacun de partager tant les enseignements retenus que les conditions de réussite du projet, les enjeux de cette ouverture ou les pratiques professionnelles à déployer dès leur prise de fonctions.

Certains surveillants ont notamment témoigné d’une évolution de la perception de leur métier à l’issue de ces semaines de formation. Ils se sont appropriés une orientation qui consacre le rôle de « surveillant-acteur » et exige observation, dialogue et coopération avec l’ensemble des acteurs de l’établissement.

Le travail collectif s’est avéré être l’un des vecteurs déterminants de cette session de formation. Chacun mesure que la réussite d’InSERRE reposera moins sur des compétences individuelles cloisonnées que sur des aptitudes à avancer et agir ensemble. Une profonde volonté de d’œuvrer en faveur de à la réinsertion professionnelle des personnes détenues adossée à une volonté de mobiliser le meilleur de leurs compétences.  Enfin, un consensus fort s’est dégagé autour du dispositif en trinôme et d’une posture professionnelle ancrée dans l’accompagnement.

Vidéo témoignages de 5 participants à la formation InSERRE (octobre 2026). Crédits : Atigip.

Nous avons retenu en particulier la journée des partenaires, qui était donc organisée pendant cette formation. Ça nous a permis de rencontrer tous les acteurs qui vont entrer à InSERRE, pour une meilleure prise en charge de la personne détenue.

Donc, il y avait vraiment de tout : des associations, l’US… On avait aussi Pôle Emploi (France Travail). Et pour nous, ça a été une grande découverte, pour le monde des surveillants, de voir avec qui nous allions collaborer.

Qu’est-ce que je retiens de cette formation ? C’est la pluridisciplinarité, le fait d’avoir mélangé des groupes entre surveillants, des personnels administratifs, le SPIP.

Ça a permis aussi de faire tomber certains blocages ou certaines interrogations sur ce que fait l’autre. Et ça a permis réellement des partages d’expériences, des envies de travailler ensemble.

Et déjà des débuts de réflexion : comment on va faire ? Comment on peut ? Comment travailler ensemble ? Notamment, un questionnement sur les outils qui seront utilisés, et des envies de travailler dessus.

C’est vraiment une chose agréable à voir, cet engouement à vouloir faire tomber les barrières et à travailler ensemble.

Si je devais retenir une seule chose de ces quatre semaines, c’est l’implication des agents. Ce n’était pas habituel pour eux, qui sont habitués à être dans l’opérationnel, et suivre, participer et être aussi agréables pendant quatre semaines sur autant de thématiques, je leur tire mon chapeau, parce que ce n’est pas facile.

Alors, un mot, une envie, un message pour la suite ?

Je pense que je le caractériserais par l’audace. L’audace sourit forcément aux personnes qui savent la saisir. Et je pense qu’il faudra être audacieux. Il faudra oser : oser des choses, oser changer nos pratiques, oser réfléchir.

Parce que ces cinq ans d’expérimentation vont finalement nous transformer, je pense, personnellement et professionnellement. Et je pense que ce sera une opportunité pour nous de tenter des choses et de faire le mieux possible pour donner un autre devenir aux personnes placées sous main de justice, et sur cette expérimentation française.

Notre message se transforme pour nous en un grand principe.

On va donc citer Robert Badinter (et Victor Hugo) : pour nous, InSERRE, ce sera donc le droit de devenir meilleur, ne jamais désespérer totalement d’un homme et que la justice doit préserver l’espoir d’amélioration pour toute personne détenue.

Le défi d’une conception sur-mesure

Cette ingénierie de formation inédite matérialise un an d’investissement et de collaboration entre le service RH de l’Atigip, l’équipe projet de la direction de l’établissement, le SPIP et l’URFQ. Sa réussite a reposé sur un équilibre rigoureux entre des contenus de tronc commun,créateur de cohésion, et des apports ciblés répondant aux spécificités de chaque domaine de compétences. Olivia Sylla, responsable nationale de la formation des acteurs à l’Atigip témoigne :

Ouvrir un établissement inédit nécessitait de concevoir une formation tout aussi inédite. Au-delà de l’acquisition des connaissances indispensables à leurs missions, l’enjeu était de permettre aux agents de s’approprier le fonctionnement d’InSERRE, de découvrir la richesse de son réseau partenarial et de construire une véritable dynamique collective. La qualité des restitutions présentées lors de la clôture témoigne de leur engagement et du travail accompli. Cette dynamique constitue aujourd’hui un socle essentiel pour accompagner la mise en fonctionnement de l’établissement. 

C’est par conséquent empreints d’optimisme et d’enthousiasme que les agents aspirent désormais à relever le défi de ces 5 années d’expérimentation.

Prise de parole d’Olivia Sylla et Denia Bziout. Crédits : Atigip.
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