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3 questions à Nathalie Latour, directrice générale de la Fédération des acteurs de la solidarité
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Membre historique du Comité d’orientation stratégique de l’Agence, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) rassemble plus de 900 associations et 2 800 structures engagées dans la lutte contre les exclusions et l’accompagnement des personnes en situation de précarité. Partenaire de l’Atigip, elle contribue à la prévention de la récidive en favorisant l’accompagnement vers l’emploi des personnes placées sous main de justice et le développement du TIGau sein de son réseau. Nathalie Latour, directrice générale de la FAS, revient sur cet engagement à travers « 3 questions à… ».
Vous avez signé une convention de partenariat avec le ministère de la Justice qui vise à promouvoir le travail d’intérêt général. Pourquoi est-il important d’impulser cette dynamique au sein de la FAS ?
De nombreux adhérents de la Fédération des Acteurs de la Solidarité accueillaient déjà des TIGistes, mais ce partenariat avec l’Atigip nous permet d’être plus impliqués dans le pilotage de cette mesure, et également de contribuer à l’interconnaissance entre les acteurs de l’insertion et de la probation et les acteurs de la solidarité. Les peines de justice exécutées en lien avec la société civile nous paraissent, mieux que toutes autres, favoriser l’insertion et le processus de désistance. Aussi nous souhaitons promouvoir le TIG au sein des structures de la solidarité, en ayant toujours en tête le sens de la peine, en proposant des missions variées, adaptées à différents profils, apprenantes et valorisantes. Enfin, la FAS a également vocation à dialoguer avec les acteurs publics dans un but d’amélioration des politiques publiques, c’est pourquoi nous faisons partie du Comité opérationnel stratégique de l’Atigip.
Quelles sont les missions proposées par la FAS pour la réalisation des peines de TIG ?
Les adhérents FAS mènent des actions variées dans le domaine de la solidarité: hébergement, Insertion par l’Activité Economique (IAE), santé, accès aux droits… ceci auprès de différents publics. Les TIG effectués au sein des structures adhérentes reflètent cette diversité: il peut s’agir de missions dans le secteur de la restauration ou l’entretien d’espaces verts au sein des structures de l’IAE, mais aussi d’aide sociale ou logistique auprès de personnes en précarité dans le cadre de maraudes ou de distributions alimentaires par exemple. Des adhérents mettent également en place le TIG Pédagogique axé sur le retour à l’emploi. La grande diversité des tâches de TIG proposées par nos adhérents reflète la capacité d’innovation de notre secteur, qui s’adapte sans cesse aux évolutions des formes de la précarité et des besoins des personnes, en tentant d’apporter des réponses efficaces et adaptées.
Le secteur associatif est en forte tensions budgétaires. En quoi le TIG est-il susceptible de répondre à vos besoins ?
Le secteur associatif est en effet impacté par des baisses budgétaires inédites, notamment dans le secteur de l’Insertion par l’Activité Economique. Selon notre enquête publiée en 2025, un quart des associations sont actuellement menacées de disparition, avec un impact concret sur l’inclusion de tous et toutes dans la société. Nous sommes convaincus qu’il est précieux de proposer aux TIGistes de réaliser leur peine au sein du secteur de la solidarité. Cela peut susciter des vocations et des retours à l’emploi, sous la forme de contrats d’insertion proposés à l’issue d’un TIG dans l’IAE par exemple. L’accueil d’un TIGiste peut apporter beaucoup à nos structures, en temps de mobilisation pour contribuer à leurs missions, et en richesse humaine. En revanche, n’étant pas financé, le temps d’encadrement par les tuteurs de TIG doit être trouvé sur des postes existants dans la structure, ce qui dans le contexte budgétaire actuel peut être un facteur limitant le développement de cette mesure.
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